-  Vendredi 16 Avril 2021

Un test d'ADN confirme que les ossements découverts sont ceux de Céline Henry

 -  Le Figaro

APRÈS DES MOIS d'attente, leur ultime espoir s'est éteint. Avant-hier soir, les parents de Céline Henry ont été informés que les ossements découverts, par hasard, le 2 novembre dernier dans un parc forestier situé au nord-ouest de Katmandou, sont bien ceux de la jeune institutrice française disparue en septembre 2005.

Identifié grâce à des tests génétiques, son corps doit être rapatrié dans les prochains jours pour être autopsié à Paris. Le juge Emmanuel Phélippeau, chargé d'élucider les circonstances de sa mort, souhaite en effet ne laisser échapper aucun indice susceptible de contribuer à l'identification du tueur - qui, de l'avis des enquêteurs, pourrait bien avoir semé d'autres victimes sur les pentes de l'Himalaya.

Les proches de Céline Henry conservent l'espoir d'apprendre un jour comment la jeune femme a trouvé la mort alors qu'elle s'apprêtait à se rendre sur un chantier humanitaire. « Pour nous, il est très important que le meurtrier puisse être capturé car nous souhaitons savoir comment se sont déroulés ses derniers instants », explique ainsi son frère, Daniel.

« Les gens m'ont l'air paisibles  »

Âgée de 33 ans, l'institutrice célibataire, originaire de Meurthe-et-Moselle et domiciliée dans le Morbihan, avait obtenu un congé de six mois pour voyager en Inde, puis au Népal. « Comme elle en avait déjà fait l'expérience, notamment au pays de Galles et au Maroc, Céline voulait apprendre à connaître la population locale », raconte Éric Pujol, un de ses anciens condisciples à l'IUFM de Vannes.

Au début de septembre 2005, la jeune femme, décrite comme « sensible » et « indépendante », se trouve donc à Katmandou où, par mail, elle écrit à ses proches : « Les gens m'ont l'air paisibles et profondément gentils. » Le 3, elle décide de partir en excursion dans le parc de Nagarjun où - un registre tenu par les militaires l'atteste - elle pénètre à 12 h05. Quelques centaines de mètres plus loin, un guide népalais la croise sur un sentier de crête. Il est sans doute le dernier témoin à l'avoir vue en vie.

En France, il faut attendre octobre pour que le silence de Céline conduise ses proches à alerter la justice. Une information judiciaire pour « enlèvement et séquestration » est alors ouverte à Lorient. Pour les policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), débute une traque peu commune.

Rapidement, les enquêteurs apprennent en effet que des recherches menées à Nagarjun par la police népalaise ont permis de découvrir un gilet noir, une barrette, un soutien-gorge et des traces de sang. Au début de novembre, ils apprennent cependant que ces objets appartiennent en fait à Sabine Gruneklee, une Allemande de 31 ans disparue le 15 octobre dans ce même parc.

Le 25 janvier 2006, une réunion est organisée à Munich entre policiers allemands et français. À cette occasion, ces derniers apprennent que le témoignage de Nadine Muller, une jeune femme de 31 ans qui a été attaquée à Nagarjun quelques mois plus tôt, décrit un agresseur « népalais, vagabond et armé d'une barre de fer ». Le portrait-robot d'un rôdeur sexuel s'attaquant à des touristes esseulées commence à apparaître.

En février, ce tableau se précise lorsque des villageois népalais découvrent le corps décomposé de Sabine Gruneklee. L'autopsie pratiquée peu après à Berlin révèle en effet que plusieurs coups violents lui ont été assénés au moyen d'un objet contondant, à la tête et sur la partie supérieure du corps. Entre-temps, les papiers d'identité et la clé d'hôtel de Céline Henry ont été retrouvés. Au début de mars, les autorités népalaises acceptent enfin que quatre policiers français, accompagnés de deux chiens spécialisés dans la recherche de restes humains, s'envolent pour Katmandou.

« À l'époque, les fouilles n'ont rien donné, mais les enquêteurs ont collecté des rumeurs évoquant les disparitions inexpliquées de plusieurs Népalaises, explique l'avocat de la famille Henry, Me Thierry Moser. Aujourd'hui, il me semblerait donc logique qu'ils puissent retourner au Népal pour tenter d'identifier le meurtrier de Céline, dont plusieurs indices indiquent qu'il pourrait bien être un tueur en série de touristes occidentales. »

Source: Le Figaro
30 novembre 2006

 
© FRANCE NEPAL info

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