-  Vendredi 16 Avril 2021

L'Inde salue le rachat par Tata du sidérurgiste britannique Corus

 -  Le Monde

31.01.07 - Il y a un an presque jour pour jour, Mittal Steel annonçait son intention de s'emparer d'Arcelor. Mercredi 31 janvier, l'indien Tata a mis la main sur le sidérurgiste anglo-néerlandais Corus pour 13,7 milliards de dollars (10,6 milliards d'euros).

Les deux opérations sont, à bien des égards, différentes mais elles illustrent indéniablement la montée en puissance de l'Inde. Mittal n'a jamais été une entreprise indienne - elle était cotée aux Pays Bas et son siège était à Londres - mais l'essentiel de ses actions étaient aux mains de la famille éponyme, d'origine indienne. Et son flamboyant patron - et propriétaire - Lakshmi Mittal incarne aujourd'hui l'arrivée sur le devant de la scène économique du géant asiatique. Tata, contrairement à Mittal, est, elle, une entreprise indienne, cotée à Bombay. Et son rachat de Corus constitue donc la plus grosse acquisition jamais réalisée à l'étranger par une société indienne.

Les sommes en jeu pour racheter Corus sont moindres : pour convaincre Arcelor de se laisser racheter, M. Mittal a dû débourser l'équivalant de 27 milliards d'euros en actions et en numéraire. Enfin, la guerre a été moins violente, même si Tata a dû évincer le brésilien CSN de la course avant d'arriver à ses fins.

Surtout, elle ne s'est pas portée sur le même terrain. La direction et les administrateurs d'Arcelor ont eu beaucoup de mal à admettre qu'ils allaient tomber sous le giron d'un groupe familial, dirigé par un Indien, et aux méthodes de travail si différentes. Corus, à l'inverse, souhaitait de longue date s'allier à un concurrent d'un pays émergent, disposant de gisements de minerai de fer.

"REVANCHE DE L'HISTOIRE" Mercredi, Ratan Tata, le patron du conglomérat indien, n'a pas caché sa satisfaction lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision : "Je crois que ce sera un premier pas qui assure que l'industrie indienne arrive à quitter les rives de l'Inde pour les marchés internationaux et devenir une actrice de la mondialisation." Avant d'ajouter : "Nous sommes tous amenés à penser qu'il s'agit d'un pas visionnaire qui a des répercussions très, très favorables pour Tata Steel (filiale sidérurgique du groupe Tata) et l'Inde."

Mercredi, l'agence de presse Indienne Press Indian Trust a multiplié les dépêches à la gloire de Ratan Tata. "Un homme plein de grâce, de sang froid, avec des nerfs d'acier", "un grand visionnaire", un "entrepreneur hors pair", qui a démontré que "Tata n'était plus seulement le nom d'une famille Indienne mais mondiale". La télévision indienne a diffusé des reportages retraçant la légende de Tata Steel. Une entreprise créée en 1907 par Jamsetji Tata, malgré l'opposition des "maîtres coloniaux britanniques" et qui, un siècle plus tard, s'empare de l'anglo-néerlandais Corus. "La revanche de l'histoire", en ont conclu certains commentateurs.

Le ministre du commerce et de l'industrie, Kamal Nath, a salué la victoire de Tata comme "un reflet de la force économique fondamentale de l'Inde", tandis que le ministre de l'économie, Palaniappan Chidambaram, y voit le signe d'une "industrie confiante en elle-même".

Seule fausse note dans ce concert de louanges unanimes, la Bourse de Bombay a mal réagi à la nouvelle. Mercredi à la mi-journée, le titre Tata Steel perdait 5,82 %. Les financiers sanctionnent le montant élevé du rachat.

Le nouveau groupe sera le cinquième sidérurgiste mondial, avec une production d'environ 25 millions de tonnes par an, loin derrière Arcelor-Mittal (près de 110 millions de tonnes par an). Tata Steel, nettement plus petit que Corus, se hisse ainsi parmi les leaders mondiaux du secteur. Avec un chiffre d'affaires annuel de 4,45 milliards de dollars et une production de 5 millions de tonnes par an, il met la main sur un groupe près de quatre fois plus gros que lui (avec un chiffre d'affaires de 18 milliards de dollars).

Virginie Malingre avec Julien Bouissou (à New Delhi)

Source: Le Monde
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L'Allemagne suscite également les convoitises indiennes

Lundi 29 janvier, le groupe diversifié indien Mahindra and Mahindra a acheté 90,47 % de la société allemande Schoneweiss. Le montant de la transaction n'a pas été communiqué. Basé à Hagen, Schoneweiss est l'un des cinq leaders mondiaux de la fabrication d'essieux. Il emploie 550 salariés. La société travaille notamment pour DaimlerChrysler et Volkswagen.

Avec un chiffre d'affaires annuel de 3,8 milliards de dollars, le groupe Mahindra est, lui, l'un des dix premiers groupes industriels indiens.

Cette transaction confirme l'intérêt récent des groupes indiens pour les allemands. Dans la pharmacie, le fabricant de génériques Dr Reddy's a fait main basse en 2006 sur l'allemand Betapharm, pour 570 millions de dollars. Et son concurrent Ranbaxy s'apprête à faire une offre pour les médicaments génériques de Merck KGaA, valorisés à plus de 4 milliards d'euros. - (AFP.)

Article paru dans l'édition du 01.02.07
© FRANCE NEPAL info

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