-  Mercredi 14 Avril 2021

Bangladesh - Rapport annuel 2007

 -  RSF

Superficie : 144 000 km2.
Population : 141 822 000.
Langues : bengali, anglais.
Chef de l’Etat : Iajuddin Ahmed.

L’interminable crise politique a, en 2006 encore, empêché la presse de travailler dans de bonnes conditions. Les politiciens ont multiplié les plaintes abusives en diffamation, au risque de faire arrêter des journalistes. Mais, pour la première fois depuis plusieurs années, aucun professionnel n’a été tué dans l’exercice de sa fonction.

En 2006, aucun journaliste n’a été tué au Bangladesh. En revanche, les actes de violence des militants politiques, des groupes mafieux ou des services de sécurité envers la presse ont été quasi quotidiens. Les militants des partis au pouvoir, et plus particulièrement ceux du Bangladesh Nationalist Party (BNP), ont été à l’origine de la majorité des violations de la liberté de la presse. Menaces, passages à tabac, autodafés et plaintes abusives : les députés et ministres du gouvernement de Khaleda Zia n’ont reculé devant rien pour tenter de faire taire la presse. Au cours de l’année, plus de 30 journalistes ont été contraints sous la menace de fuir des villes dirigées par des élus BNP.

En 2006, près de 25 correspondants de presse ont été les cibles d’intimidations pour des articles jugés “non islamiques” par des groupes armés. Après avoir longtemps minimisé l’existence de groupes djihadistes dans le pays, le gouvernement, par l’intermédiaire de son ministre de l’Intérieur, Lutfuzzaman Babar, a été contraint de reconnaître l’étendue du danger. Pourtant, c’est ce même ministre et son prédécesseur qui ont mené la répression contre les journalistes et les militants des droits de l’homme qui enquêtaient sur cette nouvelle menace.

La police et la justice ont, par ailleurs, manqué de fermeté et d’efficacité pour mener à bien les enquêtes ou les procès entourant les assassinats des journalistes Manik Shaha, Humayun Kabir Balu et Dipankar Chakrabarty, en 2004, pour la plupart dans la région de Khulna. En revanche, en mars, la police a arrêté le principal suspect du meurtre de Gautam Das, correspondant du Dainik Shamokal, tué en 2005. Au même moment, la justice prononçait douze condamnations dans le cadre de l’assassinat, en 2004, de Kamal Hussein, correspondant du quotidien Ajker Kagoj. Cinq des accusés appartenaient au BNP.

Une violence quotidienne

Malgré un engagement apparent en faveur de la liberté de la presse, la chef du gouvernement Khaleda Zia a été incapable d’enrayer la violence quotidienne contre la presse. Cette insécurité a hypothéqué la possibilité de couvrir librement des sujets cruciaux, notamment la collusion entre les responsables politiques et le crime organisé, la corruption ou les violations des droits de l’homme. En mars, des membres du mouvement de jeunesse du BNP ont passé à tabac onze journalistes lors d’une conférence de presse de l’opposition à Sharishabari (Nord-Ouest). En mai, 25 journalistes ont été blessés à Kushtia (Ouest) par des hommes de main de Shahidul Islam, député du parti au pouvoir. Les professionnels des médias manifestaient suite à l’agression de trois confrères quelques jours auparavant. En septembre, le député du BNP Manjurul Ahsan Munshi a fait battre puis arrêter le journaliste Mizanur Rahman Kawser à Comilla (Sud-Est). Quelques semaines auparavant, des proches du politicien avaient empêché par la force la tenue d’une conférence sur la liberté de la presse dans cette circonscription.

Lors des nombreuses manifestations de rue qui ont marqué la vie politique du pays, les reporters et photographes ont dû travailler dans des conditions particulièrement difficiles. Fin octobre, quinze professionnels des médias ont été blessés par des policiers ou des manifestants à Dacca, Rajshahi et Mohonganj. Huit autres ont été blessés dans la capitale, notamment Shafique Kajol, reporter expérimenté du Daily Shamokal, sévèrement battu par des membres de la Ligue Awami (opposition).

Certains journalistes ont été menacés à la fois par les groupes extrémistes et par les autorités. Après avoir passé plusieurs mois en prison en 2003 pour “sédition”, Salah Uddin Shoaib Choudhury, directeur de l’hebdomadaire Weekly Blitz, a été visé, en juillet, par l’explosion de deux bombes aux abords de ses bureaux. En octobre, des inconnus l’ont agressé à son bureau. La police a toujours refusé de protéger le Weekly Blitz, malgré les menaces du mouvement radical Khatmey Nabuat (KNM). Salah Uddin Shoaib Choudhury est toujours accusé de sédition pour avoir écrit des articles sur le rôle des médias dans le dialogue entre musulmans et juifs, et tenté de se rendre en Israël.

Malgré la violence et les pressions, les médias, et surtout les quotidiens nationaux, ont continué d’enquêter sur la corruption et le népotisme qui fragilisent toute la société. En dehors de la BBC World Service, il existe deux radios indépendantes sur la bande FM. Le pays compte huit chaînes de télévision privées, mais leurs licences sont toujours conditionnées à une certaine docilité vis-à-vis du pouvoir.

Des plaintes abusives contre la presse

En 2006, la presse privée a dû faire face à une augmentation importante des plaintes en diffamation - plus de quarante - déposées par des députés ou des ministres du BNP. Ainsi, l’ancien ministre Mirza Abbas a porté plainte contre six publications. Au total, dix-huit directeurs de publication et journalistes ont été poursuivis pour des articles jugés “diffamatoires”. L’un des accusés, Shahadat Chowdhury, était mort depuis deux ans.

Le contrôle de l’information par de hauts responsables politiques s’est également accéléré. Un conseiller de Khaleda Zia est toujours à la tête de la seule chaîne hertzienne privée du pays, NTV, et d’un nouveau quotidien Admar Desh. Ces deux médias, dotés de moyens financiers très importants, n’ont fait preuve que de peu d’esprit critique vis-à-vis du gouvernement, à la veille des élections générales de 2007.

Source: RSF
© FRANCE NEPAL info

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