-  Mercredi 23 Mai 2018

RSF: Au sri lanka une guerre engagée contre la presse tamoule

 -  RSF

RSF Rapport Annuel 2007
La reprise de la guerre civile a eu des conséquences dramatiques pour les journalistes sri lankais, et plus particulièrement les Tamouls. Sept professionnels de l’information ont été tués en 2006. Les milices progouvernementales (prédateurs de la liberté de la presse) et parfois l’armée s’en sont prises à la presse, accusée d’entretenir le nationalisme tamoul. De leur côté, les Tigres tamouls ont menacé ceux qui s’opposaient à leur politique.

L’intensification du conflit entre l’armée et les Tigres tamouls (LTTE) a contraint des dizaines de journalistes à se taire ou à se cacher. Par peur des représailles, la majorité des correspondants des médias tamouls dans l’Est ne signent plus leurs articles. “Dans les médias tamouls, le journalisme d’investigation est mort et tout le monde s’autocensure”, a expliqué le directeur d’un média, lui-même victime d’intimidations. La guerre engagée contre la presse tamoule a touché les journalistes les plus respectés et influents. En août, le directeur de d’information de la radio privée Sooriyan, Nadarajah Guruparan, a été kidnappé pendant une journée par des inconnus qui l’ont menacé de représailles. Puis, en novembre, le directeur de la chaîne Shakthi a été menacé de mort après avoir largement couvert l’assassinat d’un député tamoul.

Trois journalistes et quatre collaborateurs des médias ont été tués en 2006. Aucun suspect n’a pour l’instant été arrêté. En janvier, Subramaniyam Sugirdharajan, correspondant du quotidien tamoul Sudar Oli à Trincomalee (Est), a été assassiné. La veille, il avait rédigé un article sur les exactions des groupes paramilitaires progouvernementaux dans sa région. En juillet, le journaliste indépendant cingalais Sampath Lakmal a été retrouvé mort à Colombo. Le mois suivant, Sinnathamby Sivamaharajah, directeur d’un journal nationaliste tamoul et politicien, a été abattu à son domicile de Jaffna.

L’impunité règne sur l’île. Les enquêtes sur les assassinats de journalistes - notamment celui de Dharmeratnam Sivaram, directeur du site d’informations Tamilnet et éditorialiste du quotidien Daily Mirror, tué en 2005 - sont bloquées par les autorités. Les suspects - des militants des milices tamoules progouvernementales - n’ont jamais été inquiétés, alors que certains ont clairement été identifiés par les enquêteurs. De peur d’être le prochain sur la liste des journalistes tués, de nombreux professionnels des médias ont cessé leur activité ou fui le pays. En décembre, le photographe Anuruddha Lokuhapuarachchi, de l’agence Reuters, s’est réfugié en Inde après avoir été menacé pour sa couverture du drame qui frappe les populations tamoules dans l’Est et le Nord. Quelques jours auparavant, le journaliste cingalais Rohitha Bashana Abeywardena, se sachant menacé, avait fui vers l’Europe.

L’armée a attaqué les médias accusés de relayer la propagande des Tigres tamouls, qualifiés de terroristes. En octobre, des frappes aériennes ont détruit les installations de la radio Voice of Tigers près de Kilinochchi (zone contrôlée par le LTTE), blessant deux employés. Sur le terrain, les soldats ont imposé de nouvelles restrictions aux mouvements de la presse. Ainsi, lors de la bataille autour de Muttur, en août, l’armée et le LTTE ont empêché les reporters de se rendre sur place. En novembre, des officiers ont convoqué des responsables de journaux à Jaffna, pour leur ordonner de ne pas publier d’informations venant des Tigres tamouls.

Journal martyr, Uthayan, publié à Jaffna, a perdu trois de ses employés en 2006. Le 2 mai, veille de la Journée internationale de la liberté de la presse dont la célébration par l’UNESCO se tenait à Colombo, des hommes armés, vraisemblablement des miliciens progouvernementaux, ont mitraillé les bureaux d’Uthayan, tuant deux employés. Le 1er mai, le quotidien avait publié une caricature de Douglas Devananda, leader du Eelam People’s Democratic Party (EPDP, membre de la coalition gouvernementale). Quelques semaines plus tard, un revendeur du journal a été tué par des soldats dans les rues de Jaffna. En août, des hommes armés ont menacé de nouvelles représailles la rédaction si elle publiait un communiqué d’étudiants grévistes, puis ont mis le feu aux rotatives du journal. En fin d’année, les militaires ont empêché son approvisionnement en papier.

La distribution des médias tamouls a également été confrontée à de graves entraves dans l’Est. Menacés de mort par la milice progouvernementale du colonel Karuna, les distributeurs de presse ont été contraints, à plusieurs reprises, de cesser la vente des journaux Virakesari, Thinakural ou Sudar Oli. En revanche, Thinakaran, le quotidien d’Etat en tamoul, n’a jamais été inquiété.

Très critiqués, le président Mahinda Rajapakse et son gouvernement ont renforcé leur contrôle sur les médias d’Etat. Au moins deux journalistes, dont Rajpal Abenayaka, directeur de l’hebdomadaire gouvernemental Sunday Observer, ont été écartés de leurs postes après avoir publié des informations jugées trop indépendantes. Deux émissions de la radio d’Etat ont également été déprogrammées parce qu’elles avaient parlé, dans des termes jugés trop libres, du conflit ethnique. Le gouvernement a également utilisé la Loi sur les bonnes conduites sociales de 1966 pour interdire, en novembre, Raja FM, accusée de diffuser des programmes choquants sur la sexualité.

Enfin, des campagnes haineuses ont été lancées dans la presse cingalaise extrémiste, plus particulièrement celle liée au JVP (parti nationaliste), contre des journalistes et des organisations non gouvernementales, accusés de soutenir les Tigres tamouls. Sur Internet, les passions se sont déchaînées et les médias indépendants ont été régulièrement menacés par les partisans ou les opposants des Tigres tamouls. Les services en tamoul et en cingalais de la BBC World Service ont successivement été pris à partie par les deux camps.
© FRANCE NEPAL info

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2009-03-23
les tigres tamouls en force!!!!!! et nn mais serieu c les cinghalais ki narrete pas de tuer les tamouls ! ils tue des enfants bebes parents. serieu !!!!! c trop des des gros porc les cinghalais!!!please sauvez les sauvons notre pays!!!!!
nivou

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