-  Vendredi 16 Avril 2021

L'Inde: portrait fascinant d'un pays unique

      Extraits du Guide Voir Inde
   
L’Inde est peut-être la nation dotée de la plus grande diversité au monde. Sa superficie lui confère le septième rang mondial et sa population le deuxième rang après la Chine. Elle réunit sur son territoire une diversité de langues, de cultures, d’ethnies, de croyances et de modes de vie comme il en existe rarement sur un continent et encore moins dans un seul pays.

Que l’on visite l’Inde pour la première fois ou que l’on y vive depuis longtemps, le sous-continent peut être ressenti à la fois comme une agression à cause de l’agitation trépidante et du tohu-bohu ambiants et comme un terre de nombreux contrastes et paradoxes. C’est pourtant dans ces contrastes que réside la continuité, qualité substantielle qui est la quintessence de l’Inde. Le choc du premier contact passé, ce pays de 1 milliard d’habitants, au «million de révoltes» vous dévoilera peu à peu ses secrets enchanteurs. Vous les découvrirez dans ses temples, ses mausolées et ses forts séculaires, dans les merveilleux objets de son artisanat fabriqués dans la plus parfaite tradition, ou au milieu de la cohue et des senteurs de ses bazars colorés et animés.

         UNE IMAGE DE L'INDE

L’héritage du passé
Le côté fascinant de l’Inde vient en grande partie du fait qu’elle est à la fois une jeune nation et un vieux pays où le présent se heurte constamment au passé. L’histoire écrite de l’Inde remonte à la civilisation cinq fois millénaire de la vallée de l’Indus. C’était une civilisation urbaine sophistiquée comme l’attestent les fouilles qui ont été menées. Puis, vers 1500 avant J.-C., les Arya originaires d’Asie centrale viennent s’établir dans la plaine gangétique. Très particulière, la culture indo-aryenne continue de faire partie de la tradition vivante de l’Inde. Au XXIe siècle, les hymnes du Rig Veda composés par les Indo-Arya sont encore récités dans les temples et devant les autels domestiques de toutes les maisons indiennes.

Mais les Indo-Arya ont laissé un autre héritage: la division de la société en quatre varna (castes). Ce système, qui était sans doute un moyen rationnel d’ordonner la société à cette époque, a dégénéré en un système de discrimination héréditaire qui a toujours prise sur la société et la politique indiennes, même si la loi interdit les discriminations de ce type.

La langue
Un des grands paradoxes de l’Inde est d’avoir eu en permanence, pour tempérer son orthodoxie et sa rigidité sociales, des révoltes, des réformes et des influences extérieures. Bien avant que le Nouveau Monde ne crée son «melting-pot», l’Inde accueillait envahisseurs et conquérants, aventuriers et marchands, qui ont tous façonné et été façonnés par la terre qu’ils se sont appropriée. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas de stéréotype racial, ni de culture monolithique pour définir l’Inde. D’une manière générale – les exceptions sont toutefois nombreuses-, les Indiens du Nord ont habituellement la peau claire, ceux du Sud ont la peau plus foncée, tandis que ceux de l’Est possèdent un faciès plutôt mongoloïde. Par ailleurs, plus de 70 millions d’Indiens appartiennent à des tribus allant des groupes proto-australoïdes de l’Orissa au groupe mon-khmer du Nord-Est.

La diversité des langues est tout aussi importante puisque l’on parle sur le sous-continent plus de 17 langues régionales officielles et des centaines de dialectes. L’hindi est la langue la plus couramment parlée, mais il ne remplacera jamais les langues régionales telles que le tamoul, considérée comme la langue la plus ancienne, ou le bengali, qui se glorifie de sa littérature et de son prix Nobel, le poète et romancier Rabindranath Tagore.

Bien qu’elles soient dérivées du sanskrit, les langues indiennes possèdent en majorité leur propre écriture et leur propre littérature. Les quatre langues officielles du Sud, par exemple, se distinguent nettement les unes des autres, bien plus que ne le font l’italien et l’espagnol. L’hindoustani, qui est parlé couramment dans les régions du Nord et du Centre, est lui-même un mélange d’hindi (dérivé du sanskrit) et d’ourdou (inspiré du persan), preuve éclatante de l’hybridation des cultures. Part de l’héritage de l’Empire britannique des Indes, l’anglais est la langue de l’élite panindienne; elle est aussi utilisée pour communiquer et est le plus sûr passeport pour l’ascension sociale et la réalité virtuelle, grâce à Internet.

La culture
À l’image du peuple indien, la culture indienne est une mosaïque composée d’une myriade d’éléments puisant leur source dans l’histoire ancienne, les influences étrangères et la diversité régionale. Elle doit aussi sa grande richesse à l’entrecroisement des «grandes» et «petites» traditions. Musique et danse traditionnelles basées sur des textes datant de 2 000 ans côtoient les films musicaux de Bollywood, principale production de la culture populaire.

Cette richesse se retrouve dans les arts visuels et l’architecture: la somptuosité époustouflante des monuments moghols ou des temples du Sud voisine avec l’élégante simplicité des maisons villageoises. L’art indien d’avant l’époque moderne s’inspire amplement des thèmes religieux et de la nature. Les peintures rupestres de Bouddha à Ajanta, les incrustations de fleurs et d’animaux des palais moghols et rajpoutes, les sculptures de divinités des temples hindous et jaïns, les miniatures et les peintures traditionnelles illustrant des scènes des deux grands récits épiques, le Mahabharata et le Ramayana, en sont quelques glorieux exemples.

Né des traditions, l’artisanat continue de prospérer malgré l’industrialisation et l’économie de marché. Fabriqués par des artisans qui préservent les traditions et le savoir-faire ancestraux, les beaux objets usuels comme les courtepointes, châles, pots en cuivre, jarres en terre cuire, et outils agricoles sont utilisés quotidiennement.

Religion et société

Rites et religion marquent quasiment chaque instant de la vie des Indiens. Quatre grandes religions – hindouisme, bouddhisme, jaïnisme et sikhisme – ont été fondées en Inde. L’Inde est par ailleurs le troisième pays musulman du monde et, il y a environ 2 000 ans, l’apôtre saint Thomas y a introduit le christianisme. Au IXe siècle, les zoroastriens fuyant les persécutions en Perse ont d’abord trouvé refuge en Inde. Officiellement, 85% de la population indienne est hindouiste. Ce chiffre toutefois n’est pas représentatif du nombre de croyances et de pratiques classées sous la rubrique «hindouisme» qui ont évolué par l’interaction de toutes les autres religions de l’Inde.

Aujourd’hui, c’est presque un cliché de dire que l’hindouisme n’est pas une religion en soi mais un mode de vie. La religion hindouiste ne possède pas de Livre, ni de Dieu, ni de prophète et chaque communauté a sa divinité favorite choisie dans un panthéon de plus en plus vaste. Les «grandes» et «petites» traditions qui sous-tendent la vie des Indiens font partie intrinsèque de l’hindouisme. À un certain niveau, c’est une religion empreinte de concepts philosophiques obscurs et de quête métaphysique. C’est cette prédisposition qui a valu à l’Inde la réputation d’être un pays «spirituel». Mais pour la majorité des Indiens, la religion se traduit surtout par des cérémonies et des rituels qui marquent chaque jour de l’année, chaque saison, chaque passage à une autre vie. Même si chaque confession a des règles, des rituels et des tabous qui lui sont propres, l’Indien moyen fait preuve d’une grande tolérance. C’est ce grand esprit de tolérance qui, en dépit de conflits périodiques, a permis à l’Inde d’être aujourd’hui encore un patchwork de cultures et de croyances uniques en son genre.

La hiérarchie sociale est nettement plus rigide. Le patriarcat qui repose sur la foi profonde dans les mariages arrangés, l’obéissance aux aînés et le sens du devoir passant avant les libertés individuelles a commencé à s’effriter ces dernières décennies mais reste malheureusement la norme dans la majeure partie du sous-continent. La pauvreté, l’analphabétisme et le système de castes sont encore manifestes. Dans beaucoup de communautés les femmes continuent à être victimes de l’inégalité entre les sexes et les petites filles à être considérées comme un fardeau.

L’Inde moderne

Mais les choses sont en train de changer. Partout, les comportements du passé cèdent le pas à des équations nouvelles, suscitant à la fois conflits et espérances. Ce changement a été possible essentiellement parce que l’Inde est une démocratie laïque et que de nouvelles et intéressantes perspectives économiques ont vu le jour.

Cinéma, cricket et politique qui sont les trois grandes passions nationales font l’objet de discussions sans fin dans toutes les strates de la société. La politique est la passion partagée par le plus grand nombre. Même si le pays compte des millions d’illettrés et d’indigents, ces derniers exercent leur droit de vote à chaque élection. Le simple fait de pouvoir élire ou destituer un homme politique avec un bulletin de vote donne aux gens ordinaires un sentiment de puissance et de fierté qui leur fait oublier leur pauvre condition séculaire. L’émergence d’une «nouvelle bourgeoisie» est une preuve plus évidente encore de l’évolution rapide de l’Inde.

Pendant les quelques décennies qui ont suivi l’indépendance en 1947, l’économie indienne était une économie mixte proche de l’économie socialiste. Mais dans les années 1990, prenant une nouvelle orientation, le gouvernement a encouragé l’entreprise privée et l’installation des multinationales dans le pays.

La révolution de la technologie de l’information a eu aussi un impact important. L’informatique et la télévision par satellite ont changé les mentalités d’une manière spectaculaire. Tout le monde n’a pas bénéficié des nouvelles technologies, notamment dans les campagnes. Mais dans les villes, les gens disposent du téléphone portable, de l’automobile et des cyber-cafés. Reste à savoir si ce boom de la consommation engendrera un miracle économique ou bien s’il accentuera les inégalités. Mais une chose est certaine: le vent du changement n’engendrera jamais de rupture radicale en Inde. La nouveauté se fond avec le passé, les traditions s’adaptent à la technologie et la permanence marche main dans la main avec le changement.


Source: www.canoe.com




2010-08-30
Que faire pour mettre bas le mythe aryen?
NAVY Rollé

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