-  Mercredi 23 September 2020

La bataille de l'eau sur le plateau du Tibet

 -  Libération

Qu’ont en commun le Brahmapoutre, le Mékong, l’Indus, le Fleuve Jaune, le Yangtze en dehors de compter parmi les fleuves majeurs du continent asiatique ? La réponse est le plateau tibétain où tous prennent leur source.

Quand on voit, comme nous, l’importance des plus grands fleuves chinois et les moyens employés pour les contrôler, on ne peut douter que ce fait ajoute à l’importance géopolitique accordée par la Chine au Tibet.

En chinois, le nom de cette région est d’ailleurs Xizang qui signifie «réservoir de ressources naturelles de l'ouest».

La mainmise chinoise permet ainsi de contrôler le Fleuve Jaune et le Yangtze de leur source à leur embouchure, et d’envisager le passage à travers ses montagnes d’une route de dérivation entre ces deux fleuves.

Et l’Empire du Milieu peut, au grand dam des pays en aval, exploiter les autres fleuves pour l’irrigation, le transport fluvial ou la génération d’électricité. Des barrages sur le Mékong, le Brahmapoutre, la Salween créent depuis les années 90 des tensions avec ses voisins du sud: Birmanie, Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande et l’autre géant asiatique qu’est l’Inde.

Mais le Tibet est devenu aussi l’outil d’une tout autre bataille de l’eau. A Shanghai, le vent du développement à l’occidentale a aussi fait naître un marché pour l’eau en bouteille, comme on peut le constater dans les rayonnages des supermarchés et sur les affiches de métro.

Rien de bien surprenant qu’ici le marketing fasse alors appel au Tibet et à ses montagnes qu’on imagine, elles aussi, purifiantes, millénaires et débordantes d’oligo-éléments.

Car l’image est l’arme de choix de ce marché mondial d’au moins 58 milliards de dollars (chiffre 2005). Ainsi de l’autre côté du Tibet, le leader national indien Bisleri envisage-t-il de se lancer dans l’exportation vers le marché occidental haut de gamme… avec des arguments de poids : «Il y a une certaine valeur curative que nous ne pouvons prouver, mais toutes les herbes qui poussent là-haut se trouveront dans l’eau. L’Himalaya est, après tout, là où nos Dieux sont censés être assis», affirme son PDG dans The Times en novembre. Les volcans d’Auvergne n’ont qu’à bien se tenir.

Pendant ce temps, rappelons-le, 14 % de la population indienne et 23 % de la population chinoise n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

Source: http://aventure.blogs.liberation.fr
2 février 2008
© FRANCE NEPAL info

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