-  Vendredi 16 Avril 2021

Le Népal vire au rouge

 -  Nicolas MOSCOVICI

Samedi 12 Avril 2008
leJDD.fr
Même si les résultats sont encore partiels, les maoïstes semblent, à la surprise générale, s'acheminer vers une nette victoire au Népal, dans le cadre du scrutin législatif qui s'est déroulé jeudi et qui doit conduire à l'abolition de la monarchie. Tout un symbole, à Katmandou, la capitale du pays, le leader révolutionnaire Prachanda l'a aisément emporté.

Le front peint en rouge et guirlande d'oeillets autour du cou, Prachanda savoure la victoire. La sienne, confirmée dans la circonscription de Katmandou, mais aussi et surtout celle de son mouvement révolutionnaire, qui semble se dessiner dans l'ensemble du pays. Car, même si les résultats sont encore partiels et qu'en outre le système électoral en place mixe scrutin majoritaire et proportionnel, les anciens rebelles maoïstes sont en passe, à la surprise des observateurs, de devenir les grands vainqueurs des élections législatives népalaises. Organisées ce jeudi, celles-ci doivent conduire à l'élection d'une assemblée constituante, laquelle dans un second temps devrait, sauf revirement de situation, mettre un terme à plus de 250 ans de monarchie dans le petit Etat himalayen. Même s'il ne possède que des fonctions honorifiques, le roi Gyanendra, sur le trône depuis 2001, serait donc contraint d'abdiquer.

L'armée en renfort?


Du coup, face à l'importance du vote, la victoire annoncée de l'ancienne guérilla maoïste suscite déjà des interrogations. Emmenée par Prachanda, "le féroce" en langue népalaise, "l'armée népalaise du peuple" avait en effet déclenché en 1996 "la guerre du Peuple népalais", une insurrection dirigée contre la monarchie affaiblie par des querelles intestines, et qui en dix ans, avait provoqué la mort de 13 000 personnes et plus de 100 000 déplacés. En 2006, Prachanda décide de déposer les armes et finalise un accord de paix avec le Premier ministre du pays, Girija Prasad Koirala. Deux ans plus tard, le leader maoïste est donc en passe de conquérir par les urnes le pouvoir qu'il n'avait pu obtenir par la force, entourant toutefois son probable succès d'un luxe de précautions. "Nous poserons les bases d'une paix durable, du développement économique et d'une république fédérale ne laissant de côté aucune strate de la population", a déclaré ce samedi "le féroce", assagi, à ses supporters. "Après l'élection, nous établirons l'unité nationale avec tous les partis politiques", a-t-il ajouté, laissant entrevoir, comme attendu pour le coup, une large coalition à la tête du Népal.

A moins que la situation ne s'envenime d'ici là. La razzia maoïste annoncée provoque en effet déjà des remous au sein des milieux conservateurs. Le Congrès népalais, le plus ancien et le plus puissant parti du pays, envisage déjà d'en appeler à l'armée si les résultats électoraux lui sont trop défavorables. A l'étranger, le voisin indien a quant à lui fait connaître son inquiétude, New Dehli étant également confronté à une résurgence de la guérilla maoïste. En attendant de connaître le verdict définitif des urnes, sous une dizaine de jours, les observateurs de la vie politique népalaise ont tiré les premiers enseignements de la percée des anciens maquisards. "Les tendances qui se dégagent jusqu'ici expriment, semble-t-il, une volonté irrésistible de changement, de paix et de développement chez essentiellement les jeunes électeurs", a analysé Kunda Dixit, directeur de l'hebdomadaire Nepali Times.

Source: www.lejdd.fr
© FRANCE NEPAL info

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