-  Vendredi 16 Avril 2021

Les maoïstes népalais en tête mais sans majorité absolue

 -  Dominique Bari

L'Humanité, 16 avril 2008
Katmandou -  Ce sera sans doute un gouvernement de coalition qui proclamera la République et aura pour tâche de sortir le pays de la pauvreté.

Même si les résultats ne pas encore définitifs, les anciens rebelles maoïstes semblaient hier confirmer leur avance dans le cadre du scrutin législatif qui s’est déroulé jeudi. Tout un symbole, à Katmandou, la capitale du pays, le leader de la guérilla, Prachanda, a aisément été élu. Au dernier pointage, communiqué lundi par la commission des élections, le PCN marxiste (maoïste) l’emportait pour 83 des 160 sièges dont le vainqueur était connu. Le premier parti népalais, le Congrès, recueillait 22 sièges et était en tête pour 11 autres sièges ; le Parti communiste du Népal unifié marxiste-léniniste (PCN-UML) disposait de 21 sièges et misait sur 10 circonscriptions supplémentaires.

Les autres formations ne pouvaient se partager que 30 sièges. Mais il est toutefois peu probable, compte tenu du système électoral en vigueur au Népal, que les maoïstes obtiennent la majorité absolue. Sur 601 sièges que compte l’Assemblée, 240 sont attribués au scrutin majoritaire à un tour (first past the post), 335 à la proportionnelle et 26 sur désignation du gouvernement.

Pour Madhav Kumar Nepal, secrétaire général du Parti communiste PCN-UML, le prochain gouvernement sera un gouvernement de coalition. Les alliances seront nécessaires pour réformer le pays, estime le dirigeant communiste : « Nous aurons pour tâche de jeter les bases d’une nouvelle république, il y va de l’intérêt national, nous devrons obligatoirement dépasser les clivages pour nous entendre. » Cette première élection nationale depuis 1999 doit consolider la paix, conclue il y a un an et demi avec la guérilla maoïste, et l’abolition de la monarchie a fait déjà l’objet d’un accord scellé en décembre entre les sept partis népalais et les maoïstes, qui gouvernent ensemble depuis avril 2007.

Le nouveau pouvoir issu des urnes aura un certain nombre de défis à relever. Il s’agira d’abord de proclamer la République, puis de réformer l’armée, pomme de discorde entre l’alliance des sept partis et les maoïstes, mais, surtout, il s’agira de développer le pays. Le Népal souffre d’un manque d’infrastructures et reste l’un des 10 pays les plus pauvres au monde. La société népalaise conserve une structure féodale et traditionnelle qui réclame une réforme agraire, une mise en cause profonde du système des castes et l’émancipation des femmes. Le sort des ex-combattants maoïstes actuellement en prison constitue un autre facteur de tensions. Des milliers de guérilleros sont concernés par une réintégration dans la société civile et surtout dans la police armée.

En échange, les maoïstes s’engagent à restituer les terres et les biens saisis pendant la guerre civile. Cette intégration des maoïstes suscitait bien des réserves parmi les partis politiques craignant une politisation trop grande de l’armée. S’ajoute aussi la question ethnique, dans un pays où 103 ethnies différentes cohabitent. Et les tensions dans la région du Terai illustrent les problèmes de représentation : la communauté Madhesi, qui constitue environ un tiers de la population du Népal, revendique aujourd’hui sa place dans l’arène politique. Les résultats définitifs ne seront connus que dans trois semaines.

Dominique Bari
Article paru, le 15 avril 2008
Source: L'Humanité - www.humanite.fr
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