-  Lundi 22 Juillet 2019

Pékin reconnaît avoir tué un "insurgé" tibétain, la flamme olympique à Hong Kong

 -  AFP

PÉKIN, 30 avril 2008 — La police a tué par balle un présumé "insurgé" tibétain dans le nord-ouest de la Chine lors d'une fusillade, a indiqué mercredi l'agence officielle Chine Nouvelle.

C'est la première fois que les autorités reconnaissent avoir tué un manifestant depuis le début en mars des troubles au Tibet et dans les régions environnantes.

Un policier a également été tué dans la fusillade qui s'est produite lundi dans la province du Qinghai, à forte population tibétaine, a ajouté Chine Nouvelle.

Jusqu'à présent, les autorités avaient assuré n'avoir tué personne durant la répression des émeutes, faisant porter aux "émeutiers" tibétains la responsabilité de la mort de 18 civils et deux policiers.

A Katmandou, la police népalaise a dit avoir arrêté mercredi plus de 70 manifestants tibétains qui ont tenté, comme tous les jours, de protester devant des bureaux de l'ambassade de Chine.

"Quelque 70 Tibétains ont été placés en détention. Nous les libérerons en fin de journée", a indiqué à l'AFP un officier de police sous couvert d'anonymat.

Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient plusieurs religieuses, se sont rassemblés à proximité du bâtiment de l'ambassade de Chine, brandissant des roses jaunes et blanches.

La police est intervenue quand les manifestants ont commencé à se diriger vers le service des visas, a constaté un journaliste de l'AFP.

Certains manifestants ont cependant réussi à atteindre les grilles de l'ambassade et à y déposer des bouquets.

"Nous ne voulons pas la violence, c'est pourquoi nous sommes venus avec des fleurs pour les offrir aux officiels chinois", a indiqué à l'AFP, Sonam, 32 ans.

A 100 jours cent de l'ouverture des Jeux Olympiques en Chine, Pékin organise des festivités et tente de faire l'union sacrée alors que, poursuivant son périple mondial émaillé de manifestations pro-tibétaines et d'incidents parfois violents, notamment à Londres et Paris, la flamme est arrivée mercredi à Hong Kong, en territoire chinois.

Le relais de la torche dans Hong Kong est prévu vendredi. Des manifestations sont attendues à cette occasion, Hong Kong bénéficiant toujours de ses propres lois garantissant la liberté d'expression bien qu'étant revenu dans le giron chinois en 1997.

Plusieurs militants pro-tibétains ont d'ailleurs été refoulés récemment à leur arrivée dans le territoire, ce qui, selon plusieurs mouvements, soulève la question de la liberté d'expression.

Partie mercredi matin du Vietnam, la flamme est arrivée peu après 14h00 locales (06h00 GMT) à l'aéroport international de Hong Kong. La flamme olympique entame ainsi son parcours à travers la Chine qui la conduira à Pékin pour l'ouverture des jeux Olympiques le 8 août.

Après sa descente d'avion, la flamme a été conduite à bord d'un autobus dans un endroit tenu secret. Alors que Pékin organise mercredi des festivités à 100 jours des jeux, la Chine a appelé le dalaï lama, leader spirituel des Tibétains, à saisir l'opportunité du dialogue qu'elle lui a offert et à prendre des mesures pour "mettre fin" aux violences avant les JO.

"Nous espérons que le dalaï lama saisira cette chance, reconnaîtra les faits et changera sa position en prenant des mesures concrètes pour mettre fin aux actes de violence et tentatives de saboter les jeux Olympiques", a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu .

Pékin accuse le dalaï lama, qui vit en exil en Inde, d'avoir fomenté les émeutes du mois de mars au Tibet, dans le but de "saboter" les JO. Le leader tibétain a rejeté ces accusations. Après ces émeutes, la police chinoise avait annoncé 400 arrestations.

Le dalaï lama attend toujours la lettre d'invitation de Pékin, a indiqué mardi le responsable du Bureau du Tibet à Paris. "La Chine a annoncé, par son agence de presse officielle, que Pékin souhaite le dialogue avec un représentant du dalaï lama. L'annonce a été faite vendredi (...) A ce jour nous n'avons pas reçu de lettre d'invitation de la part de la Chine", a déclaré mardi à l'AFP le représentant du dalaï lama à Paris, Jampal Chosang.

Un tribunal de Lhassa a prononcé mardi ses premières condamnations, allant de trois ans de prison à la détention à vie, contre 30 accusés reconnus coupables d'incendie volontaire, pillage, attaques contre des institutions de l'Etat, vols et incitation à la violence, selon la télévision d'Etat CCTV. La télévision a diffusé des images des accusés, portant des vestes orange, marchant dans la salle d'audience, chacun escorté de deux gardiens, puis se tenant debout devant le juge pour écouter le verdict.


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