-  Lundi 26 Août 2019

Dans les yeux d'un Népalais

 -  Gaëlle Richard

LAMOTHE-GOAS, Gers, dimanche 9 novembre 2008
Journal Sud Ouest, le quotidien régional

Binod Khakurel, journaliste népalais, prépare un reportage sur l'association Gers-Himalaya. Il sera aujourd'hui son invité pour une conférence : « Le Népal d'hier et d'aujourd'hui »

Il est né dans un petit village à 60 km au Nord-Ouest de Katmandou, dans une famille d'agriculteurs. Depuis treize ans, Binod Khakurel vit à Paris. Aujourd'hui, il est dans le petit village de Lamothe-Goas, entre Fleurance et Lectoure.

Depuis la capitale française, il lance une télévision sur Internet : francenépal.tv. La chaîne du web spécialisée dans les relations entre son pays d'origine et son pays d'adoption diffusera - quand elle existera, dans quelques mois - un reportage sur l'association gersoise Gers-Himalaya. Binod Khakurel se trouve donc dans le Gers ce week-end, pour recueillir les témoignages mais également pour donner une conférence à tous les passionnés de son pays et de cette région intitulée « Le Népal d'hier et d'aujourd'hui ».

Depuis les montagnes népalaises où son grand-père était le seul instituteur du district, Binod a découvert la France à travers la Révolution française, Rousseau et Descartes mais surtout Baudelaire. Son frère, anthropologue, et son oncle vivant à Paris, Binod décide de les rejoindre. Il devient journaliste pour le web magasine francenépal.com, le seul à diffuser sur la toile des informations sur le Népal en français.

Dans quelques mois, la version télé sortira et dans un an et demi, Binod prévoit la publication d'une revue trimestrielle sur la région de l'Himalaya qui comprend sept pays et le Tibet.

Fou de Charles Baudelaire.

Posé, calme, avant de parler, Binod réfléchit toujours aux mots qu'il emploie et aux verbes qu'il choisit. C'est au lycée qu'il a découvert la langue de Molière, à Paris qu'il l'a pratiquée et dans les livres de poésie qu'il l'a approfondie. Binod est un fou de Charles Baudelaire. Il vient même de fonder l'Association internationale des amis de Charles Baudelaire où, déjà, une douzaine de nationalités est représentée.

« Parce que sa vie me touche, dit-il, dans son accent du bout du monde qui ne s'apparente à aucun autre. Il a eu une vie très dure mais n'a jamais cherché à devenir riche ou à avoir du pouvoir. Évidemment j'aime aussi Arthur Rimbaud, car on ne peut pas aimer Baudelaire sans aimer Rimbaud. »

L'autre passion du journaliste népalais, c'est la cuisine. Ou plutôt l'art culinaire. Son rêve serait de trouver (ou de créer ?) un restaurant qui mêle gastronomie et poésie dans ses plats, ses menus, sa décoration, etc. « Dans le domaine culinaire, la France et le Népal peuvent s'apporter mutuellement beaucoup de choses. La France peut enseigner tout son savoir et sa culture. Le Népal mérite que l'on découvre ses épices, son "gundruk", cette sorte de salade séchée et fermentée qui se mange en légume cuit. Le Népal est aussi reconnu pour ses champignons et ses plantes médicinales. »

Un peuple revendicatif.

Aujourd'hui, à Lamothe-Goas (lire par ailleurs), Binod racontera l'évolution de son pays telle qu'il la voit. « Nous avons la plus jeune république du monde puisqu'elle n'a que cinq mois. Pour une fois, n'importe qui peut accéder aux plus hautes responsabilités de ce pays. Et ce passage s'est fait démocratiquement. L'évolution des mentalités s'est faite en une vingtaine d'années. Le peuple est devenu revendicatif et a refusé d'accepter n'importe quoi. C'est le bon côté du mouvement maoïste, qui a fait par ailleurs 13 000 morts. »

L'ancien guide de trekking avoue que les paysages de montagne lui manquent de ses fenêtres parisiennes. « Quand je viens ici dans le Gers et que j'aperçois les Pyrénées, je me sens bien car je replonge un peu dans mon enfance. »

Binod a établi un « plan de vie à dix et vingt ans ». Même s'il ne le réalise pas dans les détails, il espère en suivre les lignes directrices. Il souhaite rester encore une dizaine d'années en France, « pour continuer à acquérir de l'expérience ». Puis dans vingt ans, il se voit retourner au Népal, « pour me rendre utile pour mon pays », dit-il. Il espère une place dans le circuit de la diplomatie.

Sa voix douce et son ton chaleureux ne pourraient que servir les relations entre la France et le Népal.

Conférence. Binod Khakurel donnera aujourd'hui sa vision de l'évolution de son paysl photo michel amat


Photo: Michel Amat

Source: Sud Ouest.com lamothe-goas
Tags : International Asie lamothe-goas fleurance lectoure Actualité


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