-  Dimanche 21 Avril 2019

Vive le Népal ! Une histoire étonnante...

 -  Stéphane Alarie

Toutes les grandes manifestations sportives internationales apportent leurs lots de curiosités et d'histoires peu banales. À ces Championnats du monde de ski alpin à Val d'Isère, c'est l'épopée de la démunie équipe nationale du Népal qui retient l'attention tant elle semble s'inspirer du scénario d'un film d'Hollywood.

L'histoire débute il y une vingtaine d'années lorsque le Britannique Richard Morley se rend au Népal. Bien qu'il soit rompu à la vie en montagne, il souffre d'une embolie pulmonaire en réalisant l'ascension trop rapide d'un sommet.

Un Népalais lui sauve alors la vie. Quelques années plus tard, les deux hommes se revoient lorsque Morley revient au Népal. C'est au tour du sauveteur d'être mal en point. Malade et sur le point de mourir, il demande à Morley de veiller sur son fils.

Promesse tenue


Ce dernier tient parole : «J'ai décidé de l'adopter et de le ramener à Londres.»

Les autorités britanniques refusent cependant d'accorder un visa au garçon d'une quinzaine d'années. L'affaire est ébruitée dans les médias et la population s'enflamme en faveur du jeune Népalais.

«Après sept années de bataille contre le gouvernement et l'arrivée du Labour Party au pouvoir, nous avons gagné», relate Richard Morley, 56 ans.

Pour célébrer la chose, l'homme et le garçon, devenu jeune adulte, font un voyage au Népal, où l'affaire a été suivie de près par le peuple... et la royauté. «Le roi Birendra a demandé à me voir. Son fils, un nageur de calibre olympique, voulait devenir skieur. Le roi m'a demandé de créer l'équipe nationale de ski du Népal», raconte Morley.

Cependant, toute la famille royale est décimée dans une tuerie sauvage peu après.

Le Britannique garde néanmoins l'équipe en place. Elle compte aujourd'hui trois skieurs et trois entraîneurs. Il doit même vendre sa maison pour financer ses opérations. D'ailleurs, tout le monde vit, loge et skie ensemble depuis.

L'homme d'affaires, qui tire ses revenus de subsistance d'un hôtel qu'il possède en Grande- Bretagne, raconte avoir encaissé les contrecoups de la crise économique.

De sorte que lorsque l'équipe du Népal est débarquée à Val d'Isère la semaine dernière, elle ne possédait pas les skis requis par la fédération pour une compétition de slalom aussi relevée.

La générosité de quelques équipes et commerçants a depuis permis de régler le problème, et deux skieurs népalais prendront part sous peu aux qualifications.

Sport de riches

«C'est quand même étonnant, remarque Morley. Les fabricants de skis font des milliards de profits. Ils n'hésitent pas à donner des skis aux équipes des grands pays riches, mais ils veulent faire de l'argent sur le dos des pays pauvres en leur vendant. C'est incorrect.»

«Le sport ne devrait pas être réservé aux nantis, dit-il. Les jeunes du tiers-monde devraient aussi pouvoir rêver.»

Le gérant de l'équipe népalaise ne se fait pas d'idée sur les chances de ses protégés, nés dans un pays où il n'existe même pas un centre de ski alpin.

«Ce sont pourtant des jeunes des montagnes avec autant de courage et de potentiel que les jeunes de Suisse ou d'Autriche. Mais ils ont besoin d'avoir accès à un site d'entraînement», conclut Morley, qui promet de ne pas les abandonner. «On se reverra au Canada, assure-t-il. Notre but est de nous qualifier pour les Jeux Olympiques de Vancouver.»
09/02/2009     
Vive le Népal !
Stéphane Alarie
Source: © Le Journal de Montréal, www.canoe.com

© FRANCE NEPAL info

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