-  Vendredi 03 Avril 2020
     

    Les exilés tibétains tournent leurs espoirs vers le karmapa-lama

     -  Reuters

    DHARAMSALA, Inde, 2 mars 2009 -- "Bouddha vivant" âgé de 23 ans, vêtu d'une robe orange et possesseur d'un iPod, le karmapa-lama, possible successeur du dalaï-lama, pense pouvoir être le pont entre les générations de bouddhistes tibétains, ainsi qu'avec la Chine.

    Pour survivre, les Tibétains doivent se moderniser, estime le troisième lama le plus important, qui a fui le Tibet il y a neuf ans pour rejoindre le dalaï-lama dans son exil indien de Dharamsala.

    "Le Tibet a développé au fil de bien des générations ses propres modes de pensée et de vie, qui sont plutôt dépassés aujourd'hui", a déclaré le karmapa-lama à Reuters lors d'une entrevue à Dharamsala.

    "Il y a un fossé entre la vieille mentalité tibétaine et la jeunesse d'aujourd'hui. C'est un grand problème, et je pense vraiment pouvoir servir de passerelle entre les deux", a-t-il ajouté, via un interprète.

    Le dalaï-lama, âgé de 73 ans, commémore cette année le 50e anniversaire de son départ en exil face aux autorités chinoises, et certains observateurs pensent qu'il pourrait préparer lui-même sa succession.

    Le karmapa-lama est celui dont le nom revient le plus souvent. Malgré son éducation tibétaine classique, il se distingue de ses aînés par des attributs bien occidentaux comme un iPod ou une Playstation.

    Surtout, il est à la fois reconnu par les Tibétains comme par le gouvernement de Pékin, qui rejette le dalaï-lama, accusé de séparatisme.

    "Il a travaillé avec les Chinois, qui ne lui sont pas étrangers", note Jeremy Russell, son professeur d'anglais. "Il n'est pas consumé par la rancoeur et considère qu'ils font partie du paysage."

    HÉROS RESPECTÉ


    Des moines en quête d'un lama réincarné ont vu dans cet enfant de nomades la 17e réincarnation du chef spirituel de la secte Kagyu, alors qu'il avait sept ans.

    Sa fuite audacieuse d'un monastère tibétain pour rallier l'Inde en franchissant l'Himalaya à pied et à cheval lui a plus tard valu le respect de la communauté des exilés.

    "Il a choisi de renoncer aux privilèges dont il aurait bénéficié sous l'autorité chinoise. Sa fuite en a fait un héros pour les Tibétains, qui y voient un acte délibéré d'opposition aux Chinois", explique l'intellectuel de premier plan Tsering Shakya.

    Le dalaï-lama doit normalement informer son entourage de sa réincarnation peu avant de mourir, afin de permettre aux moines de se mettre en quête de l'enfant élu. Les Tibétains craignent toutefois que Pékin ne place son propre successeur, comme ce fut le cas dans les années 1990 avec le panchen-lama, deuxième lama le plus éminent de la communauté.

    Le dalaï-lama a laissé flotter l'idée de désigner un régent qui prendrait sa place de guide spirituel le temps qu'un nouveau lama grandisse.

    Mais le karmapa-lama pourrait refuser un tel rôle. "La société tibétaine d'aujourd'hui est démocratique, et chaque individu a le droit de dire ce qu'il éprouve ou pense. Il n'est obligatoire pour personne de faire ce qu'un autre a décidé pour lui."

    Son enfance au Tibet sous administration chinoise lui a permis d'apprendre le Chinois, qu'il parle et calligraphie couramment, et pourrait en tout cas lui permettre de resserrer les liens de son peuple avec Pékin.

    "Cet apprentissage pourrait aider à créer une relation de compréhension cordiale, et favoriser une sorte de coexistence pacifique", espère-t- il.

    Avec Bappa Majumdar à New Delhi, version française Gregory Schwartz

    Source: Reuters
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