-  Lundi 26 Août 2019

Québec accueillera 200 réfugiés du Bhoutan

 -  Frédéric Denoncourt

Québec, 30 mai 2009 -- Québec s'enrichira bientôt d'une nouvelle communauté culturelle. Après avoir reçu 200 réfugiés birmans au cours de la dernière année, la ville tendra les bras à 200 autres réfugiés, bhoutanais ceux-là, d'ici la fin de 2009, a appris Le Soleil. Ils deviendront les premiers citoyens originaires du petit pays de l'Himalaya à s'établir dans la capitale.

Les premiers groupes devraient débarquer vers la fin de l'été, explique Claude Fradette, porte-parole du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles. «Nous n'avons pas de date précise d'arrivée pour l'instant, mais on nous a dit de se préparer.»

Les réfugiés sélectionnés sont souvent parmi les plus vulnérables, poursuit M. Fradette. Ce sont parfois des orphelins ou des mères seules avec leurs enfants. «Ils devraient arriver par groupes de 10 à 20 personnes. On ne séparera pas les familles. Et s'il y a un grand-parent, il sera là aussi.»

Un premier groupe de 25 réfugiés du Bhoutan a foulé le sol québécois en décembre pour s'établir à Saint-Jérôme. D'autres petits groupes ont suivi et habitent aujourd'hui Joliette et Sherbrooke. Le contingent qui s'amène en ville sera de loin le plus imposant.

100 000 réfugiés

Les Bhoutanais que Québec se prépare à recevoir sont, tout comme ceux qui les auront précédés, de l'ethnie lhotsampas et vivent en ce moment dans un camp de réfugiés au Népal, en compagnie de plus de 100 000 de leurs semblables. Persécutés par le roi Wangchuk parce qu'ils ne parlent pas la langue officielle du pays et qu'ils pratiquent l'hindouisme, ils ont été contraints à l'exil au début des années 90. Ce traitement a de quoi surprendre quand on sait qu'au Bhoutan, le bouddhisme, qui place la compassion au coeur de son enseignement, a le statut de religion d'État. «Pendant de nombreuses années le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a tenté de négocier avec le roi leur retour, sans succès. Il y a deux ans, l'ONU a donc interpellé plusieurs pays pour accueillir ces apatrides», relate M. Fradette.

Outre le Canada, qui a consenti à recevoir 5000 réfugiés d'ici 2010, les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Danemark, les Pays-Bas et la Norvège ont répondu à l'appel de l'ONU.

Qu'importe qu'ils soient considérés comme des parias dans leur pays d'origine, les futurs résidents ne se pointeront pas ici démoralisés, assure M. Fradette.

«On n'a que de bons commentaires au sujet de ceux qui sont débarqués à Saint-Jérôme. Ce sont des gens très travaillants et résolus à s'intégrer. Dans les camps très organisés où ils vivaient ils ont été scolarisés. Cela devrait faciliter leur intégration.»

Bien sûr, un choc culturel est à prévoir pour les nouveaux arrivants, qui prend souvent la forme d'anecdotes savoureuses. «J'étais avec le comité d'accueil à l'aéroport en décembre dernier, continue M. Fradette. Je me souviens de deux jeunes enfants. C'était très beau de les voir. Un des deux à qui l'on avait remis de gros gants d'hiver ne voulait plus les enlever. Il semblait se prendre pour un superhéros.»

On raconte aussi qu'au moment de monter dans la voiture des membres du comité d'accueil peu après être descendus de l'avion, les Bhoutanais se sont spontanément dirigés vers l'arrière de la voiture pour grimper dans la valise, comme cela se fait couramment dans leur pays!

Un logement d'abord

Des organismes d'accueil, le Centre multiethnique de Québec en tête ainsi que des intervenants des milieux de l'éducation et de la santé se mobilisent à l'heure actuelle afin de préparer l'arrivée des réfugiés. La priorité est de trouver des logements pour les familles. Par la suite, il faudra inscrire les enfants à l'école et amorcer les cours de francisation.

«On va leur montrer des logements potentiels, puis on leur demandera s'ils désirent y emménager. Règle générale, ils ne sont pas difficiles. Mais c'est une procédure d'intégration respectueuse pour que les gens s'approprient les lieux», ajoute M. Fradette, qui précise que certaines personnes par exemple ne pourraient pas vivre dans un demi-sous-sol parce que cela leur rappellerait des choses troublantes qu'elles ont vécues.

«Le but de ces mesures d'encadrement est d'amener ces gens à l'autonomie. Au départ cela demande beaucoup d'accompagnement», conclut M. Fradette.


Le Soleil
Source: www.cyberpresse.ca
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Reportage sur le camps de réfugiés Bhoutanais au Népal
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