-  Mardi 12 November 2019

Dentiste humanitaire, Charles Bianchi a le goût des autres, en toute simplicité

 -  Hervé Naudot

22 déécembre 2011
Une consultation au Népal. Charles travaille souvent dans des conditions rudimentaires. Une consultation au Népal. Charles travaille souvent dans des conditions rudimentaires.

Ce dentiste de Montigny-en-Gohelle revient d'une mission humanitaire au Népal. Depuis plusieurs années, il passe ses vacances dans des pays où les soins dentaires n'existent pas. Le tout bénévolement, évidemment. Car pour lui, aider son prochain, cela va de soi. Et à l'heure de la retraite, pourquoi ne pas s'y consacrer à plein temps ? Rencontre.

« Vous savez, j'ai 57 ans et je débute dans l'humanitaire... »

L'humilité au bord des lèvres, attentif et prévenant, Charles Bianchi est de ceux qui ne la ramènent pas. Ça n'a rien d'une posture, il est comme ça, Charles. Et lorsqu'il dit débuter, on se doute que ce n'est pas tout à fait vrai. Deux voyages humanitaires en Afrique, un au Pérou, et deux autres au Népal cette année, le tout financé de A à Z sur ses propres deniers, cela va sans dire... Il en faut de l'énergie, et de l'attention aux autres.

Tout est parti d'une petite annonce, il y a de cela une dizaine d'années. « Cherche bénévole pour mission humanitaire en Afrique ». Quinze jours dans un petit village du Togo. Avec son épouse, ils ont dit banco. Lui est parti avec sa mallette pour prodiguer des soins dentaires et bien plus encore... « L'humanitaire permet une imprégnation totale dans le monde visité, dit-il. En me retrouvant beaucoup plus disponible après le décès de mon épouse, je suis revenu à mon premier intérêt, qui est de concilier voyage et aide aux autres. En fait, pour moi, ce sont comme des vacances... »

Des « vacances », c'est ainsi qu'il qualifie son dernier voyage au Népal, en novembre dernier . La preuve ? « En un mois, j'ai travaillé douze jours », glisse-t-il. Là-bas, au Népal, ses consultations se passent dans les écoles des villages, dans des conditions plus que rudimentaires. La foule, venue parfois de très loin, se presse pour se faire arracher les dents.

On en prend des claques. Des leçons de vie. Ne serait-ce que côté boulot. Pas question pour Charles de ramener la roulette qu'il utilise dans son cabinet montignynois. « Avec un petit moteur électrique, un transfo ramené à 12 volts, on arrive à travailler. »

C'est via l'association France Népal qu'il est parti, et a pu entrer en contact avec Pramod, son correspondant sur place, qui parle un français parfait. « Il m'a mis en contact avec Didier et Anne-Claude, un couple de français, qui consacrent leur vie à aider les villages népalais via une association*. Je me suis retrouvé submergé de travail. Je n'ai pas pu répondre à toutes les demandes. Je serai obligé d'y retourner... »

Une fois, on lui a même proposé d'effectuer le voyage sur le toit... d'un bus taxi. Il a préféré décliner. Les déplacements, à l'écouter, ont souvent des allures d'épopées un peu effrayantes. Et quand on sait qu'il faut six heures pour faire 200 kilomètres dans la campagne népalaise, on en viendrait presque à aimer les bouchons de l'A1... Mais chaque rencontre est, pour lui, un cadeau. « Les gens là-bas sont extraordinairement solides, ils ne se plaignent jamais. »

Un « stoïcisme » qui, pour Charles Bianchi, serait de nature à relativiser nos petits bobos occidentaux. À envisager le regard sur le monde et sur nous-même avec humilité. « Quand on fait ce que je fais, on sait bien qu'on ne révolutionne pas le monde. On se dit juste qu'on est tout petit. »

Mais si les pas du dentiste se tournent vers le Népal, c'est aussi pour des questions de « spiritualité, avec cette dualité entre le bouddhisme au nord et l'hindouisme au sud. » Quand l'heure de la retraite sonnera, Charles Bianchi n'exclut pas de se consacrer exclusivement à l'aide humanitaire. Le « débutant » est persuadé d'une chose : « Tout le monde a sa place dans l'humanitaire. Quand les soignants sont au travail, il faut une ou plusieurs personnes pour la cuisine, d'autres pour la gestion administrative, d'autres encore pour la gestion des stocks. »

* L'association Himagine. fr vient en aide aux familles himalayennes.

Source: www.lavoixdunord.fr

© FRANCE NEPAL info

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