-  Mercredi 20 November 2019

Trop de touristes sur le Toit du monde

 -  Kate Connolly

26 juin 2012 - De plus en plus d'individus tentent l'ascension de l'Everest. Mais les alpinistes professionnels tirent la sonnette d'alarme : ces amateurs négligent les dangers parfois mortels de l'ascension.

Le 18 mai, Ralf Dujmovits a atteint le col sud du mont Everest. A près de 8 000 mètres d’altitude, il a pris la difficile mais nécessaire décision de redescendre en raison des conditions orageuses qui régnaient au sommet. Cet Allemand de 50 ans, considéré comme l’un des alpinistes les plus expérimentés du monde, a été horrifié de voir la longue file de touristes qui serpentait vers le haut quand lui-même a entamé la descente dangereuse.

Une de ses photos, qui montre le sommet le plus populaire du monde envahi par la foule, a attiré l'attention des médias internationaux. "J’étais à environ 7 900 mètres d’altitude et je voyais au loin un serpent humain qui montait en rangs serrés. Il y avait 39 expéditions sur la montagne, soit plus de 600 personnes. Je n’avais jamais vu autant de monde sur l’Everest."
De retour en Allemagne, l’alpiniste a déclaré qu'il avait éprouvé deux sentiments lorsqu'il avait pris cette photo : "Je trouvais la scène vraiment absurde. En regardant les gens, j’avais la forte impression que tous ne reviendraient pas. On a la sensation oppressante que certains sur la photo seront bientôt morts. Et puis j’étais empli de tristesse pour cette montagne et pour les Sherpas expérimentés [un groupe ethnique vivant dans les hautes vallées de l'Himalaya, accompagnant régulièrement les alpinistes dans leurs expéditions]. Je les respecte énormément et je pensais qu’on allait perdre beaucoup de choses. De nos jours, les gens traitent la montagne comme un appareil de fitness, non comme une force de la nature."

Quatre personnes sont mortes sur l’Everest ce week-end-là. Ralf Dujmovits est content que sa photo ait suscité une telle réaction. Il espère qu’elle dissuadera les "alpinistes du dimanche" d’entreprendre l’ascension de l'Everest dans le seul but de se vanter auprès de leurs amis, comme ces gens qui exhibent leur Mercedes pour faire étalage de leur richesse. "En fait", poursuit-il, "il ne faut aucune aptitude pour effectuer ce que font la plupart des touristes de l’Everest. Ces dix dernières années, les gens ont eu de plus en plus tendance à utiliser de l’oxygène sitôt après avoir quitté le camp de base. Auparavant il était normal d’y recourir à partir de 8 000 mètres d’altitude ; aujourd’hui, ils en prennent comme si c’était de l’eau."
L’alpiniste a assisté à des scènes ridicules avec des individus qui n’auraient jamais dû être autorisés à faire l’ascension. Il a rencontré "une journaliste française en surpoids - une petite femme d’environ 80 kilos — qui avait utilisé presque tout son oxygène avant même d’être en altitude, et un Américain d’origine turque portant son vélo sur les épaules car il avait toujours rêvé d’arriver au sommet avec".

Ralf Dujmovits, qui en était à sa sixième ascension de l’Everest, a eu l’impression que la montagne avait sombré dans l’hystérie. "Les prévisions météo étaient mauvaises et les grimpeurs faisaient des pauses terriblement longues. Ceci provoquait des heures d’attente et multipliait les cas d’hypothermie et d’épuisement. Beaucoup étaient déshydratés, mais cela n’a découragé personne. Tout le monde était obsédé par l’idée d’arriver au sommet avant le 19 mai pour ne pas rater l’occasion de la saison." Quand il est retourné à Katmandou, "les hôpitaux étaient bondés et la plupart des patients étaient traités pour hypothermie sévère et des engelures.

L’alpiniste a adressé une demande au gouvernement népalais pour qu’une réglementation plus stricte soit introduite afin de contrôler le flux des touristes et d’éliminer ceux qui ne présentent pas les conditions physiques requises pour faire l’ascension. “Les entreprises népalaises sélectionnent leurs clients sur Internet sans se soucier de savoir s’ils sont capables de mener l’expédition. Je suis contre les réglementations, mais je pense que le gouvernement n’a guère d’autre choix. Les candidats devraient être tenus d’indiquer les montagnes qu’ils ont déjà gravies, de fournir des détails sur leur forme physique et, d’une manière générale, de prouver leur expérience d’alpiniste. L’Everest a atteint ses limites et il est important que les mentalités changent si l’on ne veut pas assister à de nouvelles tragédies”, souligne-t-il. En dépit de son désir d’accomplir une fois l’ascension sans oxygène, Ralf Dujmovits ne gravira plus l’Everest. “Pour moi, il est défiguré. Et trop dangereux. Il y a trop de monde là-bas. Des gens qui ne devraient pas y être.”

Kate Connolly, The Guardian

© Dessin de Kazanevsky, Ukraine

Source:  Courrier international - www.courrierinternational.com
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2012-11-22
Je vois que mon commentaire, un peu critique sur la grande réforme de l’Education nationale, a disparu en même temps que ton premier post où tu osais appeler un chat un chat. Je pense que cette mesure d’hygiène publique était nécessaire. Tes mots ont évidemment dépassé ta pensée, reconnais-le des fois on en perd le contrôle, il n’existe malheureusement pas encore de radars mentaux et ta deuxième version, si elle reste publiée quelques minutes encore, est nettement plus polie et respectueuse que ton premier jet.

Concernant mon commentaire d’origine, dans lequel je soulignais (ce que tout le monde sait) que L.C., en charge du ministère de l’Education nationale, et porte-parole du gouvernement, possédait un cursus professionnel des plus adaptés concernant son poste actuel, dans lequel il devait faire preuve à la fois d’une science approfondie du marketing et des ressources humaines, acquises chez un parfumeur qui fait la renommée de la France jusque dans de lointaines contrées.

J’aurais également, sans aucun doute, encenser plus nettement les formidables réformes en cours dans le secteur éducatif augmentation permanente du nombre des profs, multiplication du budget par dix, création d’IUFM en pagaille pour encadrer sérieusement la formation des profs, amélioration des disciplines enseignés dans les lycées et collèges, ouverture vers les arts, etc. Je reconnais avoir péché par trop de discrétion et pas assez d’empressement face au paysage formidable mis en place comme un décor de théâtre brillant de mille feux par L.C., aidé par toute la hiérarchie qui respecte sa démarche volontariste et audacieuse.

On le dit même promis à un avenir politique encore plus resplendissant ! J’espère simplement que ce commentaire vivra, lui aussi, quelques minutes, sinon je n’aurais plus que d’aller me faire fusiller sur la place Tien-An-Men.
Iiff

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